Un Grand Raccourci, le film d'Armand Foëx et Clément Devilliers.
Un film sur notre génération.
Ouvert à tous ceux qui aiment le cinéma, veulent comprendre comment un film existe, et souhaitent participer à ce qui viendra après.

Image du film Un Grand Raccourci réalisé par Armand Foëx et Clément Devilliers

Derrière le film

Avec Un grand raccourci, Armand Foëx et Clément Devilliers (22 ans) signent leur premier long-métrage. Partis de zéro, ils forgent leur expérience sur le terrain à la sortie du lycée en réalisant sept courts-métrages en trois ans, avec une règle d'or : ne jamais laisser le manque d'argent freiner la création. En 2024, après plusieurs sélections dans des festivals majeurs de courts-métrages, ils franchissent une étape clé en fondant leur société de production avec Hector Belgodère-Soria, un jeune entrepreneur de vingt ans sans expérience préalable dans le cinéma. Le 6 Octobre, sur la plage de Saint-Jean-de-Luz à l'occasion du festival du film, ils ont l'idée d'un long-métrage au modèle économique audacieux, mêlant ambition artistique et pragmatisme. L'objectif : tourner à l'été 2025.

Grâce à des levées de fonds privés pilotées par Hector et quelques coups de poker — comme s'incruster au Festival de Cannes sans accréditation pour trouver un distributeur, leur ténacité finit par payer. Tourné en trois semaines en Bretagne avec leur fidèle équipe de techniciens à la moyenne d'âge de 24 ans, Un grand raccourci entre en post-production en septembre.

Armand et Clément lancent alors un compte Instagram pour raconter leur aventure et faire connaître leur film de manière innovante. En à peine 4 mois, ils sont suivis par 50 000 personnes. Désormais terminé, le film, distribué par UFO Distribution, sortira en France le .

Scène du film Un Grand Raccourci réalisé par Armand Foëx et Clément Devilliers

Entretien avec les réalisateurs

Pourquoi ce coin-là de la Bretagne ?

ARMAND FOËX : On connaît bien la Bretagne tous les deux, on y passe nos étés depuis toujours et nos familles y sont ancrées. Mais pour ce film, on avait envie de montrer une Bretagne rurale, loin des littoraux, celle qu'on voit peu au cinéma car elle n'est pas transformée par le tourisme.

CLÉMENT DEVILLIERS : L'accueil des mairies a été incroyable. Ils nous ont ouvert des portes monumentales : décors gratuits, véhicules, hébergements…

Votre histoire est rythmée par des binômes qui se reconfigurent.

CLÉMENT DEVILLIERS : On adore la dualité pour son potentiel comique. L'altérité, c'est le moteur même du récit.

ARMAND FOËX : Ce qui nous amusait, c'était de voir comment un personnage change selon qui il a en face de lui.

Que signifie ce titre pour vous ?

CLÉMENT DEVILLIERS : Ce titre nous ressemble beaucoup. "Un grand raccourci", on peut l'entendre de deux façons.

ARMAND FOËX : Mais c'est aussi, de manière plus ironique, ce raccourci qui finit par nous faire faire d'énormes détours.

Comment fonctionne votre binôme sur le plateau ?

ARMAND FOËX : On a longtemps cru qu'il fallait tout faire ensemble pour être légitimes.

CLÉMENT DEVILLIERS : On prépare tout en amont, on partage la même cinéphilie.

Comment avez-vous composé votre casting ?

ARMAND FOËX : On fonctionne beaucoup à l'affect, avec cette idée de troupe.

CLÉMENT DEVILLIERS : Pour nous, la rencontre prime sur tout.

Les réseaux sociaux changent-ils le cinéma ?

ARMAND FOËX : Peut-être pas de le fabriquer, mais certainement de le faire exister.

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Hector Belgodère-Soria producteur du film Un Grand Raccourci

Entretien avec Hector, le producteur

Vous vous êtes lancé à 21 ans sans aucune expérience dans la production d'un long-métrage. Comment devient-on producteur aussi jeune ?

HECTOR BELGODÈRE-SORIA : Quand Armand Foëx et Clément Devilliers m'ont proposé de produire leur long-métrage, je n'avais aucune idée de ce qu'était un producteur de cinéma. Je n'y connaissais rien, donc j'ai dit oui. J'étais animé par une envie d'entreprendre, de créer, et j'avais été touché par leur court-métrage Nos cabanes.

Comprendre les mécanismes de la production d'un film n'a pas été simple. Heureusement, j'ai été accompagné par les deux réalisateurs ainsi que par de nombreux professionnels qui ont partagé leur expérience avec une grande générosité. Toute l'équipe technique et artistique s'est également montrée extrêmement bienveillante.

Le financement du film semblait particulièrement ambitieux. Comment avez-vous procédé ?

Le film est né d'un profond désir de cinéma. Nous voulions tourner coûte que coûte huit mois plus tard, à l'été. Cette urgence nous obligeait à inventer un modèle inédit.

Nous avons construit un financement à plusieurs niveaux : fonds propres issus de films d'entreprise, dons via le fonds culturel Second Souffle, investissements privés et partenaires institutionnels. Progressivement, le CNC, la Région Île-de-France et UFO Distribution nous ont rejoints.

Comment le film a-t-il été accueilli par vos partenaires ?

Le film repose sur une logique de partenariat très forte. Les communes bretonnes nous ont ouvert leurs portes, tout comme nos partenaires techniques PhotoCineRent, La Cave à Films ou encore Float32, qui ont largement contribué à rendre ce projet possible.

Pourquoi avoir autant investi les réseaux sociaux ?

Nous sommes convaincus que le travail d'un producteur ne s'arrête pas à la livraison du film. Les réalisateurs racontent toute l'aventure sur les réseaux sociaux afin de partager les coulisses, les difficultés et les réussites avec le public.

Cette stratégie permet de fédérer une communauté autour d'une idée simple : il est possible de produire un long-métrage à 22 ans.

Comment travailler avec une équipe dont la moyenne d'âge est de 25 ans ?

Toute l'équipe a été impressionnante. Beaucoup occupaient pour la première fois un poste à responsabilité et chacun s'est montré extrêmement investi. Cette jeunesse n'a jamais été un frein ; elle a au contraire créé une énergie collective très forte.

Finalement, que représente Un grand raccourci pour vous ?

J'aimerais qu'on se souvienne de ce film comme d'une ode aux rencontres qui changent une vie. Les réalisateurs, les techniciens, les partenaires, les acteurs et, surtout, le public : cette aventure est avant tout une histoire humaine au service d'une œuvre de cinéma.

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